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LA PEINTURE ET L'EXPERIENCE DE LA PROFONDEUR : LES CRETES

Dans ma quête picturale d'un rapport à la profondeur plus proche de mes attentes intuitives, je comprends mieux aujourd'hui que les paysages de crêtes aient attiré ma curiosité. Les crêtes sont certes propices à beaucoup d'interprétations symboliques, sans parler des nombreuses anecdotes vécues liées à leur parcours, leur franchissement, mais mon intérêt me semblait surtout dépendre d'une équation picturale particulière.

Les crêtes qui se confondent pour moi avec les côtes vues du rivage, tournent le dos à l'infini lointain et plat de la mer. Elles m'accrochaient particulièrement quand un nuage semblait plonger de l'autre côté? vers un lointain invisible. Les tensions, les rythmes de profondeur me semblaient alors prendre irrémédiablement la priorité sur les tensions latérales et les redéfinir. Ce sujet me proposait un lieu d'articulation, de basculement des tensions plus clairement repérable. Une nouvelle approche du « fait pictural » s'imposait : le travail et les réflexions sur la peinture de Georges Braque m'y avaient éveillé .J'y retrouvais une fois encore la quête de Giacometti, qui attendait de cette seule profondeur un espoir de progrès dans son travail .

La recherche de ce lieu d'articulation des forces, entre fuite et surgissement, est devenue incontournable, quel que soit le sujet ; ce lieu détermine tous les rapports plastiques formels et colorés, engendre une nouvelle unité, une nouvelle présence.