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L'espace éclaté et le comportement

Face au rectangle monochrome de la toile, le premier geste du peintre peut être soit d'y enfermer un signe soit de contester cette unité de départ en la structurant pour y faire naître un espace spécifique. Très tôt, j'ai penché intuitivement pour la deuxième solution sans mesurer réellement les différences d'analyse de démarches et de conscience du langage qui en découleraient. J'ai d'ailleurs navigué longtemps dans l'entre deux. Cela va un peu mieux.

J'ai notamment toujours été captivé par les sujets intégrants les effets de glace ou le dialogue entre l'espace intérieur et l'espace extérieur proposé par les portes et fenêtres. Ce sujet paraissait avoir passionné me semblait-il les nombreux peintres entrés dans l'histoire de l'art qui me font signe. Je me suis longtemps interrogé sur les raisons inconscientes de cet intérêt. J'ai parfois sollicité en vain l'avis d'amis artistes sur cet attrait qui me semblait beaucoup plus fondamental que l'anecdote visuelle ou symbolique. Je sais aujourd'hui que ces sujets proposent plus évidemment l'adoption d'un point de vue au c[[oe]]ur de l'espace profondeur si on veut en percevoir toute l'énergie plastique. Se projeter mentalement au lieu de basculement de la fuite et du surgissement redéfinit la lecture des rapports dessinés mais aussi colorés au détriment d'une priorité plane et latérale? la plus communément utilisée aujourd'hui.

Ces sujets me proposaient aussi d'aborder le dynamisme de la profondeur sans retrouver les contraintes mécaniques de la perspective. Pouvoir me déplacer dans cette profondeur m'était indispensable comme l'est aussi le besoin d'un espace ouvert, malléable qui m'invite à un autre comportement vital ; un espace en quelque sorte plus comportemental que narratif qui me rapproche de ma façon d'être dans la vie réelle. Être à la fois au c[[oe]]ur de l'action et à distance, être au c[[oe]]ur pour mieux ressentir, s'en extraire parfois pour comprendre et expliciter. Être plus libre de mouvement et de respiration.

C'est un comportement paradoxal à assumer sans aucun doute, bien loin de la simple vision, n'est-ce pas ce qui de fait, a généré les expressions spatiales les plus singulières, repérables dans l'histoire de l'art ? l'essentiel de l'apport des peintres dans l'espace social ? Mais qui perçoit et décode aujourd'hui cette spécificité dans un monde submergé d'images multi médium ?